LES ACTIVITES DE SURVIE AU SUD-KIVU
Jacques RUGAMIKA
Accompagnateur Institutionnel C.M.A
Depuis les années 1970, le tissus économique du Sud-Kivu est en entier délabrement à la suite des multiples causes dont notamment, les crises sociopolitiques qui ont été et continuent d’être à la base des guerres à répétition et des conflits communautaires, la décision politique de la nationalisation des entreprises de 1974 (Zaïrianisation), les mesures d’ajustement structurel ayant entrainé une forte inflation monétaires et le licenciement massif des agents du secteur public de l’Etat, le délabrement accéléré des routes de desserte agricole, les maladies en dermiques des plantes et des animaux………
La quasi-totalité des entreprises pourvoyeuses d’emplois et constituant le poumon économique de la province du Sud-Kivu , a pratiquement disparu. Citons en exemple la sucrerie de Kiliba,les rizeries,huileries,cafeiers,théirs,quinquina ,cotoniers, laiteries, limonaderies implantées par ci par là en milieux ruraux ainsi que les bonbonneries, biscuiteries, les usines textiles et de fabrique des chaussures en cuir et plastic, les entreprises métallurgiques, les entreprises d’exploitation et traitement du bois ( menuiseries-ébénisteries, huisseries…….), les horlogeries, les tôleries et clouteries, les entreprises de la céramique, les bijouteries et bien tant d’autres implantées sur avenue industrielle dans la ville de Bukavu . A raison de la fermeture de toutes ces entreprises, entre 1970 et 2026, on évalue à des milliers des personnes ayant perdu leurs empois, les uns n’étant plus en vie et ceux encore en vie, les effets du chômage dans lequel ils ont été contraints à vivre, se sont négativement répercutés sur leurs progénitures.
La quasi inexistence des unités de valorisation des matières premières locales et l’absence d’une politique d’encouragement des investissements locaux et étrangers rendent la province du Sud-Kivu pratiquement tributaire des importations des produits de toute sorte, même impropres à la consommation. Ce qui occasionne d’innombrables maladies et une perte énorme des devises qui devraient servir à la reconstruction socio-économique de la province .En conséquence , le chômage a atteint son plein : selon le rapport de l’Institut National des statistiques ( INS) de 2015, plus de 75% de la population active du Sud-Kivu n’ont pas d’emplois. Le même rapport souligne que la population vit en dessous du seuil de la pauvreté avec un revenu moyen de 40$ par mois par ménage. Le pouvoir d’achat de la population rurale et urbaine a fortement diminué face à une inflation monitaire galopante au fil des années et à une baisse significative continue de la production agricole vivrière et industrielle.
Au niveau de l’administration publique, il n’y a pas eu non plus de renouvellement du personnel qui à ce jour, est vieillissant .En effet, 90% des jeunes qui terminent les études secondaires et universitaires n’ont pas de chance de trouver des emplois dans le secteur formel, tant dans le secteur privé que public. Certains d’eux vont jusqu’à se faire enrôler dans les groupes armés à côté d’autres milliers des jeunes délinquants frustres par le fait de n’avoir pas été à l’école ou avoir abandonné les études pour multiples raisons. D’autres vagabondent le long des journées dans les rues de différents cités urbaines étant à la base de l’insécurité et de l’instabilité dans la communautés locales.
Face à l’incapacité de l’État à prévoir des mesures alternatives, le secteur de l’économie informelle en pleine expansion reste le seul refuge. L’on assiste à une multiplicité d’initiatives économiques de survie à très petite échelle. En dépit de ce foisonnement, certaines d’elles naissent et disparaissent aussi tôt à cause de manque des capitaux, faible capacité de gestion, tracasseries fiscales et administratives excessives, lieux de travail instables,
peu de perfectionnement technique, faible accès au marché. D’autres résistent dans la stagnation. À côté de la debrouillardise d’une grande majorité de la population dans le petit commerce informel, l’artisanat de production des biens et services et le secteur du petit transport informel regorgent une masse importante de la population active. La particularité dans les milieux ruraux, c’est la prédominance de l’activité agricole de subsistance, l’exploitation artisanale des minerais et l’artisanat traditionnel.
Les services et organismes publics et privés spécialisés devraient se percher sur la collecte des données, produire des rapports des études sectorielles focalisées sur les aspects dynamiques pouvant orienter des planifications visant l’accroissement des capacités promotionnelles de ce secteur de l’économie informelle dans la province du Sud-Kivu



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