CAMPAGNE « VIJANA KAZINI » – BUKAVU / SUD-KIVU.

  1. CIRCONSCRIPTION DE LA CAMPAGNE

​1.1.Organisation responsable

​Confédération Monde des Artisans, CMA                                    

​1.2. Lieu de la campagne  :

​La campagne est menée dans la ville de Bukavu. Il se concentrera sur les jeunes, garçons et filles de tous les 20 quartiers de 3 communes de la ville de Bukavu :

​a) Commune d’Ibanda : quartiers Nyalukemba, Ndendere et Panzi (3)

​b) Commune de Kadutu : quartiers Nyamugo, Nkafu, Kasali, Mosala, Cimpunda, Nyakaliba et Kajangu (7)

​c) Commune de Bagira : Nyakavogo, Lumumba, Cahi, Buholo-Kasha, Ciriri, Mulwa, Kanoshe, Cikera, Cikonyi et Mulambula (10).

​1.3.Période d’exécution

Du 1er août 2026 au 31 août 2029 (3ans).

​1.4.Bénéficiaires du projet

​        a) Directs : 500 jeunes dont 250 garçons et 250 filles issus des 20 quartiers des 3 communes de la Ville de Bukavu au Sud-Kivu.

​           b)  Indirects : Toute la population de la ville de Bukavu sera impactée par les effets positifs de ce projet.

​2. CONTEXTE JUSTIFICATIF

​La rétrospective des faits antérieurs nous renseigne que depuis vers l’année 1990, il y a de cela plus de 3 décennies, la population de tous les 20 quartiers de 3 communes de la ville de Bukavu au Sud-Kivu fait de plus en plus face à un phénomène crucial  très préoccupant : le chômage accru des jeunes. En effet, plus de 75 % des jeunes de la ville de Bukavu sont en chômage. Pourtant, ils constituent le gros de la population active. Cette situation explique l’image de l’extrême pauvreté dans laquelle croupit la grande majorité de la population de la ville de Bukavu. Selon le dernier rapport de l’Institut National de Statistique (2020), le ménage moyen dans la ville de Bukavu vit avec moins de 40 $ par mois.

​Cette extrême pauvreté est visible à travers le système d’éducation de base déficitaire, l’accès difficile aux meilleurs soins de santé, à un logement décent, à la nourriture, à l’eau potable et au système de protection juridique. Elle est également liée aux conflits récurrents, sources de diverses formes des violences.

​L’analyse faite des causes du chômage des jeunes dans la ville de Bukavu est claire sur deux aspects :

​a) Le trop faible accès des jeunes au marché d’emploi tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

​-Au niveau du secteur public depuis 1980, il n’y a pas eu de renouvellement du personnel dans l’administration publique ni création de nouveaux postes. Le personnel non renouvelé, est à ce jour vieillissant. Ce qui prive les jeunes lauréats des études secondaires, universitaires et techniques, l’accès à l’emploi dans ce secteur.

​-Au niveau du secteur privé, la quasi-totalité d’entreprises jadis pourvoyeuses d’emplois et constituant le poumon économique de la ville de Bukavu, a pratiquement disparu. C’est le cas par exemple de celles qui occupaient le gros de la main-d’œuvre technique locale sur avenue industrielle / Ville de Bukavu, devenue l’ombre d’elle-même : les usines textiles à l’instar de l’ex SOTEXKI, de traitement du cuir à l’instar de l’ex DERMA-ZAIRE, de fabrique des chaussures en cuir (ex BATA) et en plastique (ex FACOCHA), les entreprises métallurgiques et de traitement du bois (les menuiseries-ébénisteries-huisseries-charpenteries), les entreprises de fabrique des casseroles, clous de toutes sortes, les bonbonneries, tôleries, bijouteries, horlogeries, les entreprises de fabrique des céramiques et bien tant d’autres.

​Visiblement, l’avenue industrielle longtemps réputée pour sa fonctionnalité a perdu  son caractère industriel pour être transformée en agglomération de vente des produits de quincaillerie, églises, écoles, instituts et universités, maisons d’habitation.

​Dans la ville de Bukavu, seules deux usines persistent encore, celle de l’ex BRALIMA et celle de la PHARMAKINA avec une faible capacité d’absorption d’une importante main-d’œuvre locale dans un contexte de crise sécuritaire, socio-politique et économique.

​b) L’impréparation des jeunes à l’auto-prise en charge socio- professionnelle dès leur bas âge due au système éducatif de base déficitaire hérité de la colonisation belge, mettant à côté l’enracinement de la culture entrepreneuriale et cela à tous les niveaux de l’éducation (éducation familiale, éducation scolaire, éducation religieuse).

​Bien qu’actuellement, comme alternatives à l’absence même d’une politique de l’État à booster l’entreprenariat des jeunes, l’on assiste partout dans les 20 quartiers des 3 communes de la ville de Bukavu à un foisonnement d’initiatives économiques de survie à très petite échelle dans le cadre de la débrouillardise populaire (petit commerce et transport informels, artisanat de production des biens et services, pêche sur le lac Kivu…). Certaines de ces initiatives naissent et disparaissent aussi tôt faute d’encadrement. Celles qui essaient de résister, se voient confrontées au manque des capitaux, faible capacité technique et de gestion, lieux de travail instable, tracasseries fiscales et administratives excessives et faible accès aux marchés.

​En conséquence de ces causes du chômage accru des jeunes dans la ville de Bukavu, c’est la délinquance juvénile traduite par le vagabondage le long des journées et nuits dans les rues, la consommation abusive de drogues et boissons fortement alcoolisées, les vols et autres actes de banditisme, la prostitution des filles, les grossesses précoces  et l’exploitation des mineures aux fins sexuelles. En bref, cette situation fait que la ville de Bukavu est dans l’instabilité et l’insécurité. De même, cette oisiveté des jeunes conduit nombreux d’eux, frustrés à cause des mauvaises conditions dans lesquelles ils sont contraints de vivre, à fuir la ville ; les uns vont chercher des moyens de survie dans les carrés miniers des territoires ruraux tandis que d’autres vont jusqu’à se faire enrôler dans les groupes armés. L’afflux d’un grand nombre des jeunes vers les pays étrangers à la recherche du travail est aussi observé. Certains parmi eux, sont même soupçonnés de rejoindre les groupes terroristes.

3. DESCRIPTION SOMMAIRE DU PROJET

​3.1. Brève compréhension du projet

​La CMA s’investit à contourner le défi du chômage des jeunes dans la ville de Bukavu. L’intérêt est à priori accordé aux initiatives éducatives et de sensibilisation communautaire sur les enjeux de l’emploi et l’orientation des jeunes dynamiques à s’impliquer dans la recherche des solutions endogènes pour y faire face.

​Sur base des expériences vécues, l’artisanat est considéré comme secteur privilégié offrant plus d’opportunités à valoriser, étant un vaste marché d’emploi compte tenu de sa diversité des métiers porteurs. Il est pour les jeunes bénéficiaires des services de formation professionnelle, la voie d’accès aux emplois sûrs, stables et durables en adéquation avec l’économie locale.

​3.2. Objectifs du projet

​a) Objectif global

​Le présent projet vise la réinsertion socio-professionnelle et économique de 500 jeunes de la ville de Bukavu dans le cadre de la contribution à la lutte contre le chômage des jeunes en saisissant les opportunités locales existantes des services de formation professionnelles en métiers artisanaux ouvrant aux jeunes la voie du travail, d’autonomie économico-financière, de liberté, de paix et de sécurité.

​b) Objectifs spécifiques

-Renforcement du dispositif d’accueil pour la formation et la réinsertion socio- professionnelle et économique

​-Mise sur pied d’un dispositif éducatif et de sensibilisation des jeunes de la ville de Bukavu à l’auto-prise en charge la réinsertion socio-professionnelle et économique.

​-Exploitation des opportunités qu’offre le secteur artisanal pour la création d’emplois et la diversification des revenus en faveur des jeunes de la ville de Bukavu,

-Renforcement des capacités entrepreneuriales des jeunes de la ville de Bukavu formés en métiers artisanaux.

​3.3. Résultats attendus

–Les espaces d’accueil pour la formation et la réinsertion socio- professionnelle et économique sont disponibles, aménagés et équipés 

​-Un dispositif éducatif et de sensibilisation communautaire  à l’auto-prise en charge par les jeunes de la ville de Bukavu la réinsertion socio-professionnelle et économique est opérationnel.

​-500 jeunes dont 50 % garçons et 50 % filles sont formés dans une série des filières des métiers artisanaux et réinsérés dans la vie professionnelle active.

​-Les jeunes formés en métiers artisanaux sont en activités professionnelles et coachés par en vue de mieux entreprendre et gérer leurs initiatives économiques.

​4. RÉALISATIONS PRÉALABLES

​-L’équipe pédagogique et méthodologique du projet composée d’experts polyvalents est déjà mise en place.

​-3 séances de sensibilisation sur la problématique du chômage des jeunes dans la ville de Bukavu ont été tenues avec les comités et cercles des jeunes des 3 quartiers de la commune d’Ibanda (Nyalukemba, Ndendere et Panzi).

​-Sur recommandation de certains partenaires locaux, 48 jeunes dont 38 garçons et 10 filles suivent depuis Avril 2026, une formation pratique sur le tas en menuiserie, ajustage soudure et boulangerie auprès des Maîtres-Artisans-Professionnels dans les Souks des Artisans de la Confédération Monde des Artisans, C.M.A sur avenue industrielle  et sur avenue ONL / quartier Cimpunda en Commune de Kadutu.

​-25 filières des métiers artisanaux dans lesquelles les jeunes seront orientés pour la formation professionnelle et réinsertion ont été retenues lors d’une réunion de l’équipe pédagogique en pleine préparation des curriculas de formation

5. ACTIONS STRATÉGIQUES ENVISAGÉES

– Réhabilitation et équipement des espaces de travail pour la formation et la réinsertion socio-professionnelle mis à disposition des maîtres artisans formateurs. Ces espaces sont localisés dans les souks C.M.A sur avenue industrielle diamétralement entre les communes d’Ibanda et Kadutu, sur avenue ONL dans le quartier Cimpunda en commune de Kadutu et à Bagira centre.

Les Ateliers dans les Souks CMA sur avenue industrielle serviront de Centre « Vivier des Techniciens du Bâtiment » (maçonnerie, plomberie , électricité domestique, charpenterie, penture …),   d’ateliers de cordonnerie-maroquinerie, du textile (coupe et couture, tricotage, broderie, teinturerie), d’artisanat d’art (sculpture, bricolage, vannerie…), d’électro-mécanique, d’électronique, de menuiserie, garnissage, ajustage-soudure et d’art culinaire (petit restaurant).

 Les ateliers du Souk CMA sur avenue ONL / Cimpunda, serviront d’ateliers des technologies alimentaires (boulangerie, pâtisserie, biscuiterie, charcuterie), de menuiserie, de coupe et couture, de coiffure-beauté-esthétique, d’art culinaire (petit restaurant) et d’un garage de génie automobile pour véhicules et motos.

Les ateliers du souk CMA de Bagira centre serviront d’atelier de coupe et couture, ajustage -soudure, menuiserie, pâtisserie et vannerie.

-Lancement et mise en œuvre de la campagne de sensibilisation communautaire « VIJANA KAZINI ». Message-clé : « VIVRE DIGNEMENT D’UN MÉTIER ». Un plan de communication élaboré pour cette fin prévoit la production et distribution à grande échelle des outils de sensibilisation tels que les T-shirts, calicots, affiches, auto-collants portant logo CMA, Képis…, l’utilisation des médias à travers les émissions-radios et flashs éducatifs et les réseaux sociaux, les forums des quartiers appuyés par les théâtres participatifs, sketchs et musiques folkloriques sur la problématique de l’emploi à Bukavu

-Rencontres de plaidoyer auprès des autorités urbaines, municipales, et cadres de base et leaders communautaires de la société civile pour leur implication dans la sensibilisation des jeunes à l’auto-prise en charge, la réinsertion socio-professionnelle et économique à travers l’apprentissage des métiers artisanaux.

-Identification et structuration des jeunes artisans à pied d’œuvre par quartier, facilitation du partage de leurs expériences professionnelles avec d’autres jeunes du quartier, analyse de l’impact social et économique  de leurs activités au sein de la communauté.

-Études des besoins de formation professionnelle liés à la demande en concertation avec les principaux consommateurs locaux des biens et service

-Identification des opportunités d’offre des services de formation professionnelle et de coaching entrepreneurial.

-Planifications participatives sectorielles et mise en œuvre des interventions conformément aux programmes négociés avec les centres / entreprises d’offre des services de formation professionnelle.

-Enregistrement, orientation pour formation professionnelle des jeunes candidats dans des centres / entreprises sélectionnés suivant accords établis à ce sujet.

​-Regroupement des jeunes à l’issue de leur formation dans  des unités / brigades professionnelles et en  assurer le  suivi de renforcement des capacités entrepreneuriales.

Évaluations techniques et financières mensuelles, trimestrielles et annuelles des réalisations enregistrées.

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​6. AUTRES PARTENAIRES LOCAUX ASSOCIÉS À LA CAMPAGNE

Deux organisations locales travaillant avec les comités et cercles des gens dans les 20 quartiers de trois communes de la ville de Bukavu sont à pied d’œuvre dans les actions de sensibilisation communautaire et de plaidoyer:

– Le Service d’Accompagnement des Enfants du Congo, SERTAC CARECO asbl

– Les Groupes Sociales pour les Développements de l’Est, GSDE asbl

                                           CMA, août 2026

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